Retrouvez le témoignage de Guillaume, étudiant à l’université d’Exeter. Certains étudiants suivent un chemin linéaire vers la réussite. Il a suivi un chemin différent, marqué par des difficultés, des choix inattendus et une capacité d’adaptation. De ses études secondaires difficiles à son entrée dans une grande entreprise de fintech, son histoire est une leçon de conscience de soi, de persévérance et de valeur de l’expérience concrète. Comme notre étudiante Sigrid à Exeter, Guillaume nous raconte son parcours dans la suite de cet article :
Un début difficile : les difficultés d’un étudiant atypique
Guillaume ne s’est jamais considéré comme un élève exceptionnel. Au lycée, il a choisi la filière S (scientifique) avec une spécialisation en mathématiques, non par passion, mais par nécessité. « Je suis peut-être le seul que je connaisse à avoir fait spé maths au lycée par défaut », admet-il. Ses notes étaient inférieures à la moyenne et il peinait constamment à suivre.
Le choix d’étudier au Royaume-Uni lui a semblé naturel : après avoir passé un an dans un internat anglais à l’âge de 10 ans, il avait toujours envisagé le Royaume-Uni comme une alternative à la France, un endroit où poursuivre ses études et retourner plus tard en école de commerce si nécessaire.
Choisir le mauvais diplôme : le piège du prestige
Dans son témoignage, notre étudiant Guillaume raconte qu’une fois à Exeter, il a commis une erreur cruciale : il a choisi une licence de sciences politiques, philosophie et économie (PPE). « Je pensais que la PPE m’offrirait la flexibilité nécessaire pour explorer différents sujets, mais en réalité, c’était extrêmement structuré et exigeant », explique-t-il. Au dela de cela, il tombe amoureux de la philosophie. « Exeter compte parmi les meilleurs professeurs du domaine de la philosophie. J’étais absolument fasciné. Mon mémoire de fin d’études portait sur la philosophie de la psychiatrie, qui est comme la psychologie mais plus conceptuelle, explorant la nature même de l’esprit et de la santé mentale. »
Cependant, ses notes ont souffert. Il termine avec une moyenne de 55/100, bien sous les 65/100 généralement nécessaires pour intégrer les grandes écoles parisiennes. Avec le recul, il réalise qu’il aurait dû choisir un programme qui lui aurait permis d’obtenir de meilleurs résultats scolaires, comme la philosophie et le management plutôt que la PPE.
Exeter : une expérience sociale et culturelle transformatrice
Au-delà des études, Exeter a offert à Guillaume quelque chose d’aussi précieux : une nouvelle perspective sur la vie. Contrairement à de plus grandes universités comme Warwick ou l’UCL, Exeter n’avait pas de « French Society », ce qui rendait la cohésion des étudiants français plus difficile. « Cela s’est avéré être un atout majeur. Cela m’a permis de m’intégrer et de rencontrer des personnes d’horizons très différents.»
En dernière année, Guillaume vivait dans une colocation internationale pour huit personnes, qu’il compare à l’Auberge Espagnole. « Nous étions de nationalités diverses : française, norvégienne, polonaise, italienne, portugaise… C’était une expérience incroyable.» Cette ouverture internationale et la culture universitaire soudée ont fait d’Exeter un lieu idéal pour élargir sa vision du monde, même si le côté académique s’est avéré plus exigeant que prévu.
Entrée dans le monde du travail : Apprendre du monde réel
Avec des notes médiocres limitant ses options en école de commerce, Guillaume a dû faire un choix : s’orienter vers un master ou entrer dans la vie active ? Contrairement à la France, où un master est souvent exigé pour les postes à responsabilités, le marché du travail britannique valorise l’expérience professionnelle autant que la formation. Être embauché directement après une licence est courant, surtout dans les postes commerciaux.
Il a décroché un poste chez Modulr, une fintech spécialisée dans les infrastructures de paiement B2B. Cette expérience fut un cours de résilience intense. « Travailler pour une entreprise qui n’était pas parfaite m’a appris plus que tout. C’est dans les environnements imparfaits qu’on apprend le plus. » Il a réalisé que les connaissances académiques seules ne suffisent pas : l’expérience pratique enseigne des choses que l’école ne pourrait jamais apprendre.
Le parcours vers les écoles de commerce
Après deux ans dans la fintech, Guillaume a décidé de reprendre des études supérieures. Cette fois, il a abordé les candidatures différemment, en s’appuyant sur une véritable expérience professionnelle pour renforcer son profil.
Lors de sa candidature à l’ESSEC, son passage chez Modulr lui a donné un avantage. « L’ESSEC a perçu mon profil et a reconnu la valeur de mes apprentissages professionnels. Ils ont compris que je n’étais pas un étudiant comme les autres : j’avais de l’expérience, de la résilience et une vision claire de ce que je voulais apprendre.»
Parfois, faire le « mauvais » choix est source d’enseignements précieux ; la capacité à s’adapter, à apprendre et à persévérer est ce qui définit la réussite à long terme.